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Choisir un professeur particulier : les bons critères, les bonnes questions, le bon rythme

Camille Rivière··13 min
Choisir un professeur particulier : les bons critères, les bonnes questions, le bon rythme

Quand les devoirs deviennent une source de tension ou que les notes décrochent, l’idée d’un cours particulier arrive vite sur la table. Mais choisir professeur particulier ne se résume pas à trouver quelqu’un “bon en maths” ou disponible le mercredi : il faut surtout trouver l’intervenant qui comprendra votre enfant, son niveau réel et sa façon d’apprendre.

Avant de chercher : clarifier le vrai besoin de l’enfant

La première erreur consiste à chercher un professeur particulier avant d’avoir posé le problème. “Il est nul en maths”, “elle ne travaille pas assez”, “il faut remonter la moyenne” : ces phrases disent l’inquiétude des adultes, mais elles ne suffisent pas à choisir le bon accompagnement.

Prenez 20 minutes, sans l’enfant si le sujet est sensible, pour noter ce qui coince vraiment. Est-ce une lacune précise, comme les fractions en 5e ou la lecture des consignes en CE2 ? Un manque de méthode ? Une lenteur importante ? Une anxiété avant les évaluations ? Une opposition au moment des devoirs ? Le profil du professeur ne sera pas le même selon la réponse.

Un élève de primaire qui confond encore les sons proches ou s’épuise à copier aura besoin d’un adulte patient, très concret, capable de reprendre les bases sans le mettre en échec. Un lycéen qui vise une spécialité mathématiques aura plutôt besoin d’un intervenant solide sur le contenu, capable d’expliquer vite et de proposer des exercices progressifs. Pour un enfant dys ou TDAH, la compétence pédagogique compte autant, parfois plus, que le diplôme disciplinaire.

Vous pouvez partir de trois questions simples :

  • Qu’est-ce que mon enfant doit réussir dans les 6 à 8 prochaines semaines ? Par exemple : poser une division, apprendre une leçon d’histoire, rédiger un paragraphe, comprendre les équations.
  • Qu’est-ce qui l’empêche d’y arriver aujourd’hui ? Lacunes, fatigue, stress, méthode, attention, confiance, compréhension du cours.
  • Quel format est réaliste pour notre famille ? Une séance d’une heure par semaine ? Deux séances courtes ? En présentiel ou en visio ? Après l’école ou le samedi matin ?

Si votre enfant est au primaire, vous pouvez aussi lire ce guide sur le soutien scolaire au primaire pour repérer quand commencer et comment éviter de surcharger les journées.

Étudiant, enseignant, orthopédagogue : qui choisir selon la situation ?

Il n’existe pas un “meilleur” professeur particulier valable pour tous. Le bon choix dépend de l’âge de l’enfant, de l’objectif et du degré de difficulté.

Un étudiant sérieux peut très bien convenir pour de l’aide aux devoirs, de la reprise d’exercices, de la préparation d’un contrôle ou un accompagnement régulier au collège. Il est souvent plus abordable et peut créer une proximité rassurante, notamment avec un adolescent qui accepte mal l’aide parentale. En revanche, tous les bons élèves ne savent pas expliquer. Être à l’aise dans une matière ne garantit pas de savoir découper une notion, repérer une incompréhension ou adapter une consigne.

Un enseignant en activité ou retraité apporte généralement une bonne connaissance des programmes, des attendus scolaires et des erreurs fréquentes. C’est précieux quand l’enfant a accumulé des lacunes ou quand les parents ne savent plus ce qui est “normal” à son niveau. Son tarif est souvent plus élevé, mais une séance bien ciblée peut éviter des mois d’exercices mal choisis.

Pour un enfant avec trouble dys, TDAH, haut niveau d’anxiété ou grande perte de confiance, regardez au-delà de la matière. Certains enseignants spécialisés, orthopédagogues, psychopédagogues ou intervenants formés aux troubles des apprentissages savent proposer des supports allégés, des stratégies de mémorisation, des pauses, des outils visuels. Ils ne remplacent pas un orthophoniste ou un psychomotricien, mais ils peuvent faire le pont entre les rééducations, l’école et les devoirs.

Besoin principalProfil souvent adaptéPoint de vigilance
Aide aux devoirs régulièreÉtudiant pédagogue, assistant d’éducation, intervenant expérimentéNe pas faire les devoirs à la place de l’enfant
Lacunes dans une matièreEnseignant, étudiant avancé dans la disciplineVérifier la capacité à reprendre les bases
Enfant dys, TDAH, anxieuxEnseignant spécialisé, orthopédagogue, intervenant forméDemander des exemples d’adaptations concrètes
Préparation brevet, bac, concoursProfesseur connaissant l’examenTravailler aussi la méthode et la gestion du temps

Les critères qui comptent vraiment pour choisir professeur particulier

Les diplômes rassurent, mais ils ne suffisent pas. Pour choisir professeur particulier avec discernement, observez la manière dont la personne parle de votre enfant avant même la première séance. Un intervenant fiable pose des questions. Il ne promet pas une hausse de trois points en un mois. Il cherche à comprendre le contexte.

Voici les critères à examiner concrètement :

  • La clarté de l’objectif. Le professeur doit pouvoir reformuler ce qu’il va travailler : “Nous allons reprendre les tables de multiplication et les problèmes à étapes”, plutôt que “On va faire des maths”.
  • La pédagogie. Demandez comment il explique quand l’enfant ne comprend pas. Cherche-t-il une autre représentation ? Utilise-t-il des schémas, des manipulations, des exemples de la vie quotidienne ?
  • L’expérience du niveau. Un excellent professeur de terminale n’est pas forcément à l’aise avec un CE1, et inversement. Les gestes pédagogiques ne sont pas les mêmes.
  • Le cadre. Ponctualité, durée, lieu, annulation, compte rendu : tout doit être posé simplement dès le départ.
  • La relation. Votre enfant doit se sentir respecté. Pas forcément “adorer” son professeur dès la première séance, mais ne pas se sentir humilié, pressé ou jugé.

Un bon intervenant ne transforme pas toutes les séances en contrôle. Il alterne diagnostic, entraînement, correction, verbalisation de la méthode et encouragements précis. Dire “c’est bien” est agréable ; dire “tu as réussi parce que tu as relu la consigne et surligné les données utiles” est beaucoup plus utile.

Pour les mathématiques, par exemple, méfiez-vous des séances où l’adulte enchaîne les corrections au tableau pendant que l’enfant acquiesce. Comprendre une correction n’est pas savoir refaire seul. L’élève doit manipuler, chercher, se tromper, expliquer sa démarche. Si les maths sont le point sensible à la maison, cet article sur comment aider son enfant en maths sans stress peut vous aider à compléter le travail du professeur sans reprendre le rôle d’enseignant.

Les questions à poser avant de s’engager

Un premier échange de 15 à 30 minutes, par téléphone ou en visio, permet déjà d’éviter beaucoup de mauvaises surprises. Préparez vos questions. Vous n’êtes pas en train de “faire passer un examen” au professeur : vous vérifiez simplement que le cadre est adapté à votre enfant.

Vous pouvez demander :

  • “Avec quels niveaux avez-vous l’habitude de travailler ?”
  • “Comment commencez-vous avec un nouvel élève ? Faites-vous un petit bilan ?”
  • “Que faites-vous si l’enfant bloque, se décourage ou refuse de travailler ?”
  • “Comment impliquez-vous les parents, sans les noyer d’informations ?”
  • “Donnez-vous du travail entre deux séances ? Si oui, combien de temps environ ?”
  • “Avez-vous déjà accompagné des enfants dys, TDAH ou très anxieux ? Quelles adaptations utilisez-vous ?”
  • “Comment mesurez-vous les progrès autrement que par les notes ?”

Les réponses doivent être concrètes. “Je m’adapte” est une intention, pas une méthode. Une réponse plus solide serait : “Si l’enfant se décourage, je réduis la tâche, je reprends avec un exemple très guidé, puis je lui fais refaire un exercice presque identique seul pour qu’il termine sur une réussite.”

Parlez aussi de votre enfant avec honnêteté. Si les devoirs finissent souvent en crise, dites-le. Si votre adolescent ne veut pas de cours, dites-le aussi. Un intervenant averti pourra proposer une première séance centrée sur l’alliance : comprendre ce que l’élève veut améliorer, choisir un objectif court, éviter d’arriver avec une pile d’exercices.

Enfin, demandez un retour après les premières séances. Pas un rapport de trois pages, mais quelques lignes : notions travaillées, attitude de l’enfant, point à consolider, conseil pour la semaine. Sans retour, les parents restent dans le flou ; avec trop de retour, ils risquent de surveiller chaque détail. Le bon équilibre tient souvent en 5 minutes à la fin ou un court message.

Tarifs : combien prévoir, et que paie-t-on vraiment ?

Les tarifs varient fortement selon la ville, le niveau, le profil de l’intervenant, le déplacement et le mode de déclaration. En France, on observe souvent des fourchettes larges : autour de 15 à 25 € de l’heure pour un étudiant, 25 à 45 € pour un enseignant ou intervenant très expérimenté, parfois davantage pour des cours de lycée spécialisé, du supérieur ou un accompagnement très ciblé. Ces montants sont indicatifs : le coût de la vie locale et la rareté de certaines compétences jouent beaucoup.

Une séance d’une heure suffit souvent au primaire et au collège, surtout après une journée de classe. Pour les enfants jeunes, fatigables, TDAH ou dys, 45 minutes bien menées peuvent être plus efficaces qu’1 h 30 laborieuse. Au lycée, 1 h 30 peut être pertinente pour traiter un chapitre, corriger un devoir et s’entraîner, à condition que l’élève reste actif.

Ce que vous payez ne se limite pas au temps assis à côté de l’enfant. Un bon professeur prépare parfois des exercices, relit une copie, adapte un support, fait un point avec vous. Cela justifie un tarif plus élevé, surtout si l’accompagnement est individualisé. À l’inverse, si la séance se résume à surveiller les devoirs sans explication ni méthode, le tarif doit rester cohérent avec ce service.

Clarifiez dès le début :

  • le prix exact de la séance et sa durée ;
  • les frais de déplacement éventuels ;
  • les conditions d’annulation : 24 h ou 48 h avant, séance due ou non ;
  • le mode de paiement et de déclaration ;
  • la fréquence prévue et la possibilité de réévaluer après un mois.

Évitez de vous engager sur un forfait long avant d’avoir testé. Un point après 3 ou 4 séances est raisonnable : l’enfant accroche-t-il ? Le professeur a-t-il identifié les priorités ? Voyez-vous un début de changement dans l’autonomie, la compréhension ou l’apaisement ? Les notes, elles, peuvent mettre plus de temps à bouger.

Les premières séances : quoi observer sans mettre la pression

La première séance n’a pas besoin d’être spectaculaire. Elle sert à faire connaissance, repérer le niveau réel et instaurer un cadre. Ne jugez pas seulement sur le sourire de l’enfant à la sortie : certains élèves sont soulagés parce que l’adulte a fait à leur place, d’autres sont bougons parce qu’ils ont vraiment réfléchi. Cherchez plutôt des indices de qualité.

Après la séance, vous pouvez demander à votre enfant, sans interrogatoire : “Qu’est-ce que tu as compris un peu mieux ?”, “Qu’est-ce qui t’a aidé ?”, “Est-ce qu’il y a eu un moment trop difficile ?” S’il répond peu, ce n’est pas grave. Observez les semaines suivantes : se met-il au travail un peu plus vite ? Ose-t-il poser une question ? Reprend-il une méthode vue en séance ?

Côté professeur, un premier retour utile pourrait ressembler à ceci : “Il connaît la leçon quand elle est sous les yeux, mais il ne sait pas encore l’utiliser dans un exercice. On va travailler la reconnaissance des situations et faire une fiche méthode très courte.” Ce type de retour montre une analyse. À l’inverse, “il doit travailler plus” vous apprend peu.

Pour mesurer les progrès, pensez à des indicateurs simples :

  • temps nécessaire pour démarrer les devoirs ;
  • nombre d’exercices faits seul avant de demander de l’aide ;
  • capacité à expliquer une règle avec ses mots ;
  • qualité de la correction des erreurs ;
  • niveau de stress avant un contrôle.

Un accompagnement efficace ne rend pas l’enfant dépendant du professeur. Il lui donne des outils transférables : relire une consigne, planifier une rédaction, vérifier une opération, apprendre une leçon en plusieurs passages, demander de l’aide clairement. C’est particulièrement important si vous combinez cours particuliers et autres formes de soutien scolaire.

Signaux d’alerte et erreurs fréquentes à éviter

Certains signaux doivent vous faire réagir rapidement. Un professeur qui se moque des erreurs, compare l’enfant à ses frères et sœurs, s’agace de sa lenteur ou le qualifie de paresseux n’est pas un bon choix, même s’il maîtrise très bien sa matière. La sécurité affective n’est pas un bonus : c’est une condition d’apprentissage.

Méfiez-vous aussi des promesses trop rapides : “Je vous garantis 15 de moyenne”, “En dix séances il n’aura plus de problème”, “Votre enfant est juste mal encadré.” Les apprentissages dépendent de nombreux facteurs : bases antérieures, fatigue, estime de soi, qualité des cours en classe, régularité, troubles éventuels. Un professionnel sérieux peut s’engager sur un cadre et une méthode, pas sur un résultat chiffré garanti.

Autre erreur fréquente : multiplier les heures quand l’enfant est déjà épuisé. Ajouter deux cours d’1 h 30 à un collégien qui dort mal, a des devoirs lourds et une activité sportive peut aggraver le rejet. Mieux vaut parfois une séance hebdomadaire bien ciblée, plus 10 minutes de réactivation deux fois dans la semaine, qu’un gros bloc qui sature tout le monde.

Attention également au professeur qui fait tout à la place de l’enfant. Les devoirs sont propres, les réponses sont justes, les parents sont rassurés… mais l’élève n’a pas appris. Un bon accompagnant laisse du temps de recherche, accepte les erreurs, demande à l’enfant de justifier. Le résultat peut sembler moins parfait à court terme, mais il construit l’autonomie.

Enfin, n’attendez pas que la situation soit dramatique pour ajuster. Si au bout de 4 à 6 séances le contact ne prend pas, si l’enfant se ferme davantage, si les objectifs restent flous ou si vous n’obtenez aucun retour, il est légitime d’arrêter ou de changer. Ce n’est pas un échec : c’est un ajustement. Choisir un professeur particulier, c’est parfois tester, observer, reformuler le besoin, puis trouver la personne avec laquelle votre enfant pourra enfin retravailler sans se sentir réduit à ses difficultés.

Questions fréquentes

Combien de séances faut-il pour voir si un professeur convient ?

Prévoyez 3 à 4 séances avant de juger, sauf malaise évident. Cela laisse le temps au professeur d’évaluer le niveau, de créer le lien et de proposer une méthode. Faites ensuite un point : votre enfant comprend-il mieux ? Le cadre est-il clair ? Recevez-vous un retour utile ?

Vaut-il mieux choisir un enseignant ou un étudiant ?

Pour de l’aide aux devoirs ou un collégien qui a besoin de régularité, un étudiant pédagogue peut suffire. Pour des lacunes importantes, un examen ou un enfant avec besoins particuliers, un enseignant ou intervenant spécialisé est souvent préférable. Le critère clé reste la capacité à expliquer et adapter.

Une heure de cours par semaine est-elle suffisante ?

Souvent oui, surtout si la séance est ciblée et suivie de petites reprises dans la semaine. Au primaire, 45 minutes peuvent être plus adaptées. Pour un lycéen ou une préparation d’examen, 1 h 30 peut convenir, à condition que l’élève reste actif et ne soit pas saturé.

Faut-il assister à la séance de son enfant ?

En général, non. Votre présence peut gêner l’enfant ou le professeur. Pour un jeune enfant anxieux, vous pouvez rester à proximité lors de la première séance, puis vous éloigner. Demandez plutôt un court retour en fin de séance ou par message.

Que faire si mon enfant refuse le professeur particulier ?

Évitez d’imposer d’emblée un long engagement. Proposez un essai de deux séances avec un objectif concret choisi ensemble : comprendre un chapitre, préparer un contrôle, réduire le stress. Expliquez que le professeur n’est pas une punition, mais une aide temporaire pour reprendre la main.

À propos de l'auteur
Camille Rivière
Camille Rivière est enseignante spécialisée (option D) et formatrice. Depuis quinze ans, elle accompagne des enfants en difficulté d'apprentissage et leurs familles, à l'école comme en instruction en famille.

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